Extrait du jeu de découpage « Jeanne d’Arc »

Extrait du jeu de découpage « Jeanne d’Arc », Imagerie Pellerin (Epinal), 20e siècle, papier imprimé, Rouen, Bibliothèque Municipale de Rouen (fonds Vallery-Radot), © BM Rouen, photographies Thierry Ascensio-Parvy.

Héroïne familière et stupéfiante, Jeanne d'Arc (1412-1431) fut, dès son temps, un mythe vivant mais aussi, et pour longtemps, un modèle féminin contesté, du fait – entre autres – de ses habits virils. Tardivement canonisée (1920), celle qui fut prophétesse, chef de guerre et martyre a donné lieu à une imagerie surabondante mais instable, car personne n'a fixé ses traits avant sa mort.

Libres de lui prêter une silhouette et une garde-robe à leur gré mais tributaires des intérêts idéologiques de leurs commanditaires, les artistes ont pu jouer de l'embarrassante androgynie de Jeanne et mêler, pour la dépeindre, les insignes de la féminité et/ou de la masculinité propres à leur temps.

Un choix de leurs œuvres montre comment ne cesse de se (re)construire et de se mettre en scène le genre, cette construction par laquelle chaque société définit les rôles qu'elle assigne à chacun des deux sexes.