L'amour courtois, né au XIIe siècle, s'est exprimé dans la littérature, mais également dans les arts figurés. En imprégnant durablement les représentations des rapports hommes/femmes, ses codes donnent naissance à la fin du Moyen Age à une iconographie amoureuse riche et parfois savoureuse, qui prend principalement forme dans les cours princières et royales.

En effet, la grande noblesse, principal commanditaire de ces œuvres non religieuses, se retrouve et s'identifie à travers des figurations courtoises et chevaleresques. Un art de cour raffiné, qui s'épanouit grâce à des matériaux et techniques de luxe (ivoire, orfèvrerie, tapisserie…) s'élabore. Il nous renvoie aujourd'hui une vision idéale et éthérée des rapports hommes/femmes, dont l'histoire a pourtant démontré qu'ils étaient loin d'être idylliques. C'est donc dans l'univers du fantasme que nous entraînent ces images courtoises, et non dans celui de la réalité.

L'automne du Moyen Age n'est pas seulement une période de guerre et d'épidémies : il voit s'élaborer un système complexe de représentation des rapports entre les genres. L'historiographie l'a, à son tour, largement fantasmé.

La période présentée ici commence au début du XIVe siècle, alors que se développent les premiers thèmes iconographiques véritablement courtois, et s'étend jusqu'au début du XVIe siècle, quand une nouvelle vision du monde, celle de la Renaissance, prend forme. La plupart des œuvres ont été réalisées en France ou dans l'aire francophone.