Florence Redford et Carmen Pomiès avant le coup d’envoi d’Angleterre-France féminin (détail)

Florence Redford et Carmen Pomiès avant le coup d’envoi d’Angleterre-France féminin (détail), anonyme, 1920, collection Femina Sport, © Femina Sport.

Le football moderne est né en Angleterre dans le second XIXe siècle. Pratiqué en partie dans les Public schools, il fut d'abord l'apanage des élites sociales avant de s'enraciner, à partir des années 1880, dans la culture ouvrière. Malgré l'intérêt manifesté par quelques féministes britanniques à l'endroit du ballon rond (comme Florence Dixie en Ecosse), ce sport s'affirma comme un loisir viril : il permettait aux hommes de s'affranchir de l'emprise familiale, affirmant ainsi les droits d'une sociabilité masculine contre la féminisation de la vie privée.

Ce sport représentait surtout pour ces classes populaires un vecteur d'intégration à la nation : dès 1914, le roi en personne assistait à la finale de la Cup, élevant ainsi cette « fête du prolétariat » au rang d'événement national. Cette sociabilité masculine accompagna la diffusion du football parmi les couches supérieures et moyennes du continent.

La Grande Guerre bouleversa la hiérarchie des sexes sur le front des loisirs, et du football en particulier. Devenu aussi une pratique féminine, le ballon rond s'affirma, au cours de l'entre-deux-guerres, comme un enjeu dans les rapports des sexes.

Nous tenons ici à remercier Daniel Leclerc de Femina-Sport, Dominique Vermand de la F.F.F., la Bibliothèque Marguerite Durand ainsi que Isabelle Lamy et le comité scientifique de Musea.